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Italie : les travailleurs en « CDI à protection croissante » institué par le Jobs Act ne sont pas plus licenciés que les CDI classiques, selon une étude
Planet Labor, 22 janvier 2020, n°11601 - www.planetlabor.com

A l’heure où certains partis politiques (dont le Mouvement 5 Etoiles) voudraient revenir au fameux Article 18 du Statut des travailleurs, qui est réputé rendre très difficiles les licenciements individuels, une étude démontre que les personnes embauchées avec le « contrat à protection croissante » institué en 2015 par le Jobs Act (v. dépêche n°8763), et censé faciliter les licenciements individuels lors des 3 premières années après une embauche, n’ont pas plus de risques d’être licenciées que leurs collègues. La recherche (ici) de l’Osservatorio Statistico dei Consulenti del Lavoro (émanation du Conseil National de l’Ordre des consultants juridiques du travail) a comparé les parcours des embauchés en CDI à protection croissante à partir de 2015 avec ceux des embauchés en CDI « normaux » entre 2011 et 2014. Or, 39 mois après leur recrutement, 21,3% des salariés avec CDI à protection croissante ont été licenciés, contre 22,6% des salariés avec CDI classique en 2014. L’étude montre même que 39 mois après leur embauche, 39,3% des personnes en CDI à protection croissante sont toujours en poste, contre 33,4% en 2014 pour les personnes bénéficiant d’un CDI classique et de la protection de l’article 18. Les exonérations de charges sociales prévues par le Jobs Act, qui ont permis l’embauche massive de salariés en 2015-2016, n’ont pas particulièrement conditionné le parcours des embauchés : le risque de licenciement à 39 mois du recrutement est pratiquement identique pour les embauchés qui ont bénéficié des exonérations et pour les autres. « L’équation ‘contrat à protection croissante – licenciement aisé’ apparaît donc infondée », conclut l’étude.