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Europe : le développement des bonus exacerbe les inégalités salariales
Planet Labor, 10 septembre 2021, n°12668 - www.planetlabor.com

Les bonus sont de plus en plus répandus en Europe et accroissent les inégalités déjà existantes. C’est ce que met en lumière une étude réalisée par l’Institut syndical européen (ETUI). Bien que l’on observe d’importantes disparités entre les pays de l’UE, les variables sont passés, en moyenne, d’un cinquième en l’an 2000 à plus d’un tiers aujourd’hui et “ont tendance  à être plus importantes que les écarts dans le salaire de base”, note  Wouter Zwysen, chercheur à l’ETUI et auteur des travaux. En règle générale, ils sont plus élevés en Europe centrale et septentrionale  (par exemple, en République tchèque, en Slovaquie, en Estonie, en Pologne, en Finlande et au Danemark) et un  peu plus faible dans les pays du sud (Chypre, Portugal, Grèce). Partant des données  provenant principalement de trois sources (l‘enquête européenne sur les conditions de travail (EWCS), l’enquête sur la structure des salaires (SES) et l’indice de législation sur la protection de l’emploi de l’OCDE pour les  travailleurs sous contrat régulier), Wouter Zwysen estime que l’inégalité salariale totale aurait été inférieure de plus de 6 % sans le recours à la rémunération au résultat. L’étude constate que ces  bonus sont principalement accordés aux travailleurs les plus qualifiés et aux travailleurs sous contrat de travail standard plutôt qu’à ceux qui travaillent moins longtemps ou sont sous contrat temporaire. Leur rémunération totale peut ainsi atteindre 7 à 9 % de plus que celles de leurs collègues à des positions similaires. Elle révèle, par ailleurs, que les femmes reçoivent des bonus inférieurs en moyenne de 10 % à ceux des hommes. L’étude indique néanmoins qu’une représentation plus forte des travailleurs contribue à diminuer de 3,5% cette inégalité dans la rémunération au résultat. L’ETUI met ainsi en avant le fait qu’il est “possible de  fixer les salaires de manière à récompenser l’effort ou à partager les rentes au niveau de l’entreprise sans  accroître les inégalités.